Article sur les quinquas et plus

Il y a longtemps que je cherchais un angle pour un article sur les quinquas et plus, non pas que je passe partie de cette classe d’âge, mais surtout parce que je la trouve injustement traité dans le monde professionnel où dès que l’on approche les cinquante ans ou plus on a tout de même de forte chance (surtout si l’on fait partie d’un grand groupe) de finir sur un plan social. Pour ma part, la justice ayant encore un sens, n’en déplaise à certain(e)s, je me suis attelé à démontrer le contraire.  J’ai mis du temps à trouver un contre-exemple où les 50 ans et plus peuvent non seulement être utile mais où leurs expériences fait encore sens voire où l’âge est une valeur. Alors le fait que le sujet est un brin masculin et je m’en excuse mais il devrait rallier tous les sceptiques de France et de Navarre.

Il s’agit de la National Test Pilot School (NTPS), basé dans le désert de Mojave (pour les aficionados c’est là que Colonel Chuck Yaeger a battu tous ses records d’altitudes et de vitesses dans les années 50). C’est une école d’aviation civile à but non lucratif qui fut élue première école de chasse dans le monde par l’European Aviation Safety Organization (EASA), étonnant, non ! Comment une organisation européenne a pu élire une école américaine 1ère école de chasse civile et militaire en plus…. Ils doivent être bons quand même.

Cette école n’est pas à un paradoxe près, en effet c’est un peu l’université des pilotes de chasses et d’essais (d’hélicoptères ou d’avions) qu’ils soient civiles ou militaires, avec un programme de formation qui dure 50 semaines et qui coute 1M$... Une espèce d’ode pédagogique à la Top Gun. Ici tous les pilotes élèves sont confirmés mais ils ont en face d’eux des pilotes encore plus confirmés (certains cumulant plus de 10 000 heures de vol) mais ce qui est intéressant dans le cas de mon article c’est l’âge moyens des dits moniteurs > 50 ans.

En effet, certains cumulent plus de 35 années de vol en sus de leurs formations initiales de pilotes, sortez vos calculettes ! On approche les 60 ans voire plus. Comme quoi devenir quinqua ou sexagénaire dans ce monde professionnel là n’est pas synonyme de mise au rencart alors que leurs jobs requièrent aussi de l’endurance physique. Sans compter les connaissances, en effet, ils utilisent plus de 23 types d’avions différents. Leurs clients ? Des petits jeunes de 35/40 ans qui viennent se perfectionner, envoyer par leurs entreprises ou leurs unités militaires, en provenance de plus de 30 pays. Une référence en la matière.

Leur job utilise les mêmes mécaniques que nos managers dans les entreprises ; de la discipline, de l’engagement, de l’entrainement, un objectif. Le fait que 99% des cas que ces instructeurs traitent nous ferait perdre les pédales pour autant, leur première qualité est l’humilité et ils reconnaissent facilement que c’est principalement une école d’apprentissage et d’entrainement laquelle fait la différence. Quand on parle de différence il est question ici de longévité. En effet, il ne faut pas se le cacher, dans ce type de job, l’erreur ne coute pas des agios ou une mise au rebut de la production d’une heure mais peu, en sus de couter des millions de dollars de dommages matériels, couter la vie.

Et le sujet de l’expérience professionnelle prend tout son sens, en effet, sans expérience point de salut même avec de fortes aptitudes et de solides compétences.  Ce qui fait la différence, comme dans beaucoup de métier où parfois la vie se joue à une prise de décision, c’est le nombre d’heures d’expériences comme le saut en parachute, le vol relatif, le planeur, la plongée, etc… Une des raisons principales pour ses gars d’œuvrer au lieu de profiter d’une retraite bien méritée c’est le partage de leurs savoirs ainsi après chaque incident tout le monde épluche les données et cherche à comprendre ce qui s’est passé : un vrai travail d’équipe. La dernière pierre de l’efficacité managériale ; la capacité à travailler en équipe.

Le salut pour les quinquas et plus semblent donc se trouver dans ce trio que sont l’humilité de ne pas tout savoir (tiens donc…), des capacités d’apprentissages et d’entrainements et une recherche du collectif puisqu’ils savent qu’ils ne savent pas.

A méditer, non ! Et vous, qu’en pensez-vous ?