La préparation mentale

Témoignage :

Nous sommes très heureux de vous partager le témoignage de Matthieu Perot, pilote automobile et Vice-Champion de France de Twin’Cup 2020. 

« Professionnel dans le domaine de l’automobile et passionné par le milieu des courses, j’ai commencé il y a 5 ans, en parallèle de mon travail, une activité de pilote automobile avec les championnats de Twin’Cup !

Au bout de 3 ans de compétition, j’ai décidé de faire appel à Mapasserelle afin de bénéficier d’un coaching mental pour me préparer au mieux. Un travail que nous poursuivons depuis bientôt 2 ans sur différents points clés : exercices sur la respiration, apprentissage de la méditation, méthodes de visualisation ou encore mise en place d’un livre de suivi. Une méthodologie, une aide et surtout des échanges avec un coach qui m’ont apporté une vision stratégique à long terme avec bienveillance, tout en me poussant à sortir de ma zone de confort.

Une collaboration qui m’a permis de terminer 2ème du Championnat de France l’année dernière ! Avec cette nouvelle saison 2021, je suis convaincu de pouvoir donner le meilleur de moi-même grâce à l’aide de Mapasserelle ! »


1 Qu’est-ce que la préparation mentale ?

Au-delà d’une performance physique/sportive, la victoire en compétition est aussi une affaire de mental, d’état d’esprit. Avoir « la gagne » n’est pas inné et nécessite un entrainement. En effet, à l’instar de la condition physique et des capacités à développer, le mental doit être « musclé », façonné pour que l’athlète soit capable de se dépasser mentalement le moment voulu. Ainsi, il saura faire face à une déconvenue sans pour autant que sa performance physique en soi diminuée. Au même titre que l’entrainement physique la préparation mentale implique des séries d’exercices répétitifs et donc de l’entrainement.

Faire face à la pression, dans l’adversité, au public ou à l’échec, voilà quelques objectifs de la préparation mentale. Avec l’aide d’un coach, le compétiteur apprend à maitriser ses émotions et à améliorer ses capacités mentales et cognitives dans le but d’optimiser ses performances.

La plupart des grands compétiteurs sont accompagné par un coach ou un préparateur mental car préparer son corps sans sa tête ne suffit pas. Les grands champions ont depuis longtemps fait la démonstration que l’un ne va pas sans l’autre. Souvent la tête fait bien plus que les jambes. Nous pourrions citer des centaines de cas de sportifs qui ont fait mentir les spécialistes en réalisant des exploits à priori impossible. Un exemple, en janvier 2015, Tommy Caldwell et Kevin Jorgeson accomplissent la première ascension de la face nord d‘El Capitan (située dans le parc national de Yosemite - USA). Cette voie avait été déclarée officiellement impossible à grimper depuis 50 ans, date de la première ascension de cette roche lisse comme un galet siège de la création de l’escalade libre (c’est-à-dire sans matériel hormis les cordes pour s’assurer).
Il est aussi le détenteur de record de vitesse d’une voie nommée The Nose dans ce même parc, effectué en 2018 en tandem avec Alex Honnold, en grimpant cette voie mythique en moins de 2 heures. Une petite précision, El Capitan est un morceau vertical de granit de 900m de hauteur… Sans compter que Tommy grimpe sans index à la main gauche (il l’a perdu à la suite d’une chute) ce qui est tout simplement unique au monde surtout pour un grimpeur libre !

Ses performances ne peuvent pas se limiter à sa seule préparation physique, il a nécessairement une profonde détermination qui l’a aidé à préparer cette épreuve, de la face nord d’El Capitan, pendant 7 années avant de finalement la vaincre.

1.1 Les habiletés mentales et cognitives ?

On peut réellement parler d’habilité dès lors que les émotions produites par l’individu et/ou son environnement ne va pas l’empêcher de performer. Et c’est bien là le sujet. En effet, qui n’a pas eu un jour peur d’échouer, mal interpréter le regard de ses parents, de sa famille, ses amis, son club, ses sponsors, etc… le jour de l’épreuve ? C’est humain, ces personnes se sont investies pour que le sportif puisse arriver à ce niveau, le sportif aussi c’est investi, tout ceci créé de la pression. Si cette pression est positive tout va bien, dans le cas contraire il faut apprendre non pas à l’enfermer au fond de soi mais l’apprivoiser en la détectant, en regardant ses effets, en la verbalisant, et enfin en comprenant son origine.

1.2 L’optimisation des performances

Selon Platonov (1988) : « La performance est l’expression des possibilités maximales d’un individu dans une discipline à un moment donné », l’optimisation de la performance va donc viser à s’assurer que les ressources de l’individu sont bien toutes utilisées et tournées vers cette performance. Dans le cadre de cet article, il semble alors opportun d’être sûr que les pensées seront accélérantes c’est-à dire toutes orientées vers l’accroissement de la performance plutôt qu’elles soient limitantes c’est-à-dire l’objet d’une contre-performance. L’action du coach va consister à trouver et à montrer les pensées limitantes de l’individu si toutefois il ne les connait pas. Il y aura ensuite une recherche des causes du déclenchement, la recherche de la pensée limitante induite puis son remplacement par une pensée accélérante.

1.3 La musculation du mental

Cette pratique connue de bon nombre de champions permet de se préparer à penser positivement en retrouvant les moments de succès ainsi que les conditions de cette réussite. En répétant ces moments mentalement ont créé les conditions d’une réussite. Être capable de se remémorer les moments de joie va aussi permettre la production d’hormones du plaisir bien plus bénéfique que celles du stress. Savez-vous que pour 1 minute de stress votre corps va mettre 1 heure pour évacuer le cortisol, l’une des hormones du stress ? Cela vaut la peine de s’entrainer à penser positif, vous ne trouvez pas ! Il reste ensuite à comprendre ces mécanismes et intérioriser les protocoles puis à les répéter. Seule condition à la réussite de cette musculation ; la discipline.

2 Comment le coach aide les compétiteurs ?

2.1 Une aide concrète pour affronter la pression

La pression est utile quand elle génère du stress positif qui mobilise les « bonnes » ressources pour une performance. Là où le bât blesse c’est quand ce stress n’est pas positif et qu’il fait sous-performer. La pression est souvent synonyme pour l’individu d’une mauvaise gestion de l’inconnu (remise en cause de sa capacité à trouver les bonnes ressources) additionné d’une absence de contrôle. Ainsi, si l’individu ne peut plus contrôler son environnement il se peut que cette situation finisse par le faire stresser. Garder le contrôle c’est-à-dire savoir, prévoir, les évènements est souvent l’apanage des sportifs mais aussi des managers car il est reposant de savoir quoi et comment faire en face d’une situation. La gestion de cette deux paramètres sera un travail foncier à réaliser avec le sportif de sorte non pas à retirer toutes formes de pression car cela est impossible, mais plutôt lui montrer qu’il a les ressources à sa disposition et qu’il peut les mobiliser pour y faire face.

2.2 Des atouts pour augmenter sa combativité

Être capable de prioriser ses objectifs est la première étape lorsque l’on parle de combativité. Ainsi, la question la plus utile dans ce cas est souvent : qu’est-ce que vous attendez de cette situation ? La deuxième serait ; quel est votre objectif ? Ce dernier se doit d’être le plus factuel et mesurable possible. Le premier écueil lorsque l’on parle de combativité et de performance est bien d’identifier vers ou et vers qui doit-il être dirigé ? Cette fameuse combativité peut aussi être rapproché de la motivation. Selon Daniel Pink, la motivation est la combinaison et l’équilibre entre l’autonomie, la maitrise et le sens. On retrouve dans ce schéma une partie de ce qui a été évoqué au paragraphe précédent dans la notion de pression. La combativité ne peut être désordonnée et doit être conduite au service d’un objectif, elle trouve alors une « voie » ou progresser. Si elle n’est pas conduite par un objectif, l’individu aura alors de fortes chances de s’épuiser et d’abandonner. Le coach a alors pour rôle, au-delà de servir de 1er support, de rappeler à l’individu où il va et pourquoi il y va. Avec le temps, ce dernier peut aussi tout simplement perdre de vue son objectif ou en trouver d’autres. La combativité ne peut être décoléré de l’ambition et donc des objectifs.

2.3 Des astuces pour gérer ses émotions

La première astuce consiste à faire un inventaire de ses émotions, il est souvent constaté chez les individus la pauvreté du vocabulaire associé aux émotions. Tout le monde sait ce qu’est une émotion jusqu’au moment où l’on en demande une définition. Ainsi si je vous demande de me citer rapidement 10 émotions, probablement qu’au bout de 5 vous ne saurez plus en ajouter. Pour autant, qu’elles soient primaires ou secondaires voire même tertiaires les spécialistes de ces sujets s’accordent en général entre 10 et 50 émotions (voire plus) tout dépend du modèle pris en compte. Je peux vous proposer celui de Robert Plutchik  qui passe pour avoir vulgariser un domaine très complexe.
La deuxième astuce vise à réaliser un recensement de ses émotions en prenant comme support une carte des émotions, quelle qu’elle soit, puis de pointer au moyen d’un stylo l’émotion vécue au moment où elle est vécue. Ainsi en fin de journée, de semaine, vous êtes capable de prendre le recul nécessaire à la lecture de votre carte des émotions. Il est alors plus simple de les compter, d’en mesurer la récurrence et enfin d’isoler les positives des négatives pour ensuite travailler sur celles qui posent problème.