Un manager dans l'affect

Exposé de la situation :

Audrey a 33 ans, elle est responsable d’un eCRM, depuis 8 ans, au sein d’une division appartenant à un groupe. Elle a une vie maritale sans enfants. Sa fonction auparavant « annexe» dans l’entreprise connait un grand essor ces dernières années, notamment avec l’introduction des activités digitales et de leurs déclinaisons dans les filiales. Alors qu’elle avait établi une relation « copine-copine »avec sa précédent Manager, celle-ci quitte le groupe. Audrey a vécu ce moment comme « une trahison » et doit donc accueillir un nouveau Directeur. La prise de contact avec lui est froide, il occupait un autre poste dans le groupe et est connu pour un style de management « direct » qui lui a déjà occasionné des problèmes. En tous cas, ce sont les échos qu’Audrey a reçu à la suite de son « enquête ». Ce nouveau Directeur du marketing clients n’est pas un professionnel du CRM et s’appuie, dans un premier temps, sur Audrey tout en regrettant ouvertement que celle-ci ne soit pas une véritable spécialiste du CRM digital ni réellement un manager non plus. La situation d’Audrey évolue encore, il y a 1 mois, avec l’arrivée d’une nouvelle personne qui vient s’intercaler entre elle et ce nouveau Directeur ; c’est une experte du CRM digital qui provient de la division du groupe et qui a la stature du manager attendue.

Voici trois solutions explorées :

Prendre conscience que jusqu’à présent la relation d’Audrey, avec son manager, n’était pas tout à fait «professionnelle» (en tous cas dans un groupe de cette taille) en étant basé sur une relation plutôt amicale. Il y a donc un travail d’exploration, à faire, autour des règles usuelles entre un manager et un managé.

La relation professionnelle n’est pas (toujours) le siège de relation affective et l’on peut très bien travailler avec une personne sans pour autant s’engager autant affectivement. Audrey n’est pas responsable socialement de la société pour laquelle elle travaille, aussi peut-elle prendre de la distance affective et opérationnelle avec les évènements passés et présents, sans pour autant renier ses valeurs.

Le monde n’est pas tenu de tourner comme Audrey le voudrait. Épictète, l’un des pères du Stoïcisme, nous a déjà enseigné (-80av JC) que nous nous rendons esclave en voulant changer les choses qui ne dépendent pas de nous. L’organisation de la société pour laquelle Audrey travaille ne dépend pas d’elle, les récentes nominations, les orientations stratégiques, non plus. Par contre le fait qu’elle commence à vouloir prendre, après 8 ans d’expérience, une posture de Manager dépend d’elle.

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